Reconnaître une figurine sous licence d'une contrefaçon

Code-barres d'une boîte de figurine examiné à la loupe

La question revient à chaque fois qu'une série marche bien : sur les places de marché asiatiques, la même figurine existe en dix versions, une officielle et neuf copies. Certaines sont grossières, d'autres imitent la boîte au millimètre. Voici ce qu'on regarde, et surtout ce qui ne prouve rien.

Le marquage du fabricant

Une pièce sous licence porte toujours l'identité de celui qui l'a produite. Selon les gammes, ce marquage se trouve sous le socle, à l'arrière de la boîte ou sur le sachet intérieur : nom du fabricant, mention du détenteur de la licence, année de production. Une figurine anonyme, sans aucune de ces mentions, n'est pas une pièce sous licence — quel que soit le soin apporté à la boîte.

Attention toutefois : un marquage présent n'est pas une preuve à lui seul. Les copies les plus abouties reproduisent aussi ces mentions. C'est un critère éliminatoire, pas un certificat.

Le code-barres

Les produits destinés à la distribution officielle portent un code-barres constructeur, propre à la référence. Il correspond à un produit précis dans les bases des distributeurs. Une boîte sans code-barres, ou avec un code-barres qui ne correspond à rien, doit alerter. Là encore, la présence d'un code ne suffit pas : elle se falsifie.

La qualité de l'emballage

C'est souvent sur la boîte que les copies se trahissent, plus que sur la figurine elle-même. Encres mates là où l'original est brillant, trame d'impression visible à l'œil nu, texte japonais ou chinois légèrement déformé, découpe imprécise, carton plus fin. Quand on a les deux côte à côte, la différence saute aux yeux. Quand on n'a qu'une photo de vendeur, beaucoup moins.

Le sachet intérieur compte aussi. Les fabricants japonais conditionnent chaque pièce dans un sachet scellé, souvent accompagné d'un feuillet illustrant la série complète. Une pièce livrée nue dans sa boîte n'est pas normale.

Le prix

Une figurine sous licence a un coût de production et un coût de licence. Quand une pièce se trouve à un tiers du prix pratiqué partout ailleurs, la raison est rarement une bonne affaire. Cela dit, l'inverse n'est pas vrai non plus : un prix élevé ne garantit rien du tout. Certaines copies se vendent au prix du neuf officiel.

Ce qui ne prouve rien

Quelques éléments rassurent les acheteurs à tort. Un hologramme : il s'imprime. Un certificat d'authenticité glissé dans la boîte : il s'imprime aussi, et aucun fabricant sérieux n'en met dans une blind box à dix euros. Une note de vendeur élevée sur une place de marché : elle mesure le service, pas la provenance de la marchandise. Et une photo de produit impeccable : c'est souvent la photo officielle du fabricant, reprise par n'importe qui.

Le critère qui reste

Au bout du compte, le seul élément réellement vérifiable par un acheteur, c'est la chaîne d'approvisionnement du vendeur. D'où vient la marchandise, chez qui elle a été achetée, où elle est stockée. C'est pour cette raison que nous achetons chez des distributeurs professionnels et que tout est réceptionné dans notre entrepôt en France avant d'être mis en vente. Nous voyons physiquement chaque référence, dans sa boîte d'origine, avant qu'elle ne parte chez vous.

Ça ne remplace pas votre propre vigilance, et ça ne fait pas de nous les seuls à travailler correctement. Mais entre un colis qui part de notre entrepôt et un colis qui part d'un entrepôt que personne n'a jamais vu, il y a une différence de traçabilité qu'aucune photo ne compense.